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HISTOIRE NATURELLE

DES

INSECTES.

HYMÉNOPTÈRES.

IV.

PARIS. IMPRIMERIE DE FAIN ET TflUNOT, Rue Racine, 28, près de l'Odéon.

^''^ .HISTOIRE NATURELLE

DES

INSECTES.

i^uriiiiiii»^./

Par m. le Comte améssî: i.epî:i.i:tixiil bb saikt-fargeau ,

UEMBRE DE l'aCADÉMIE DE MOSCOU , DE CELLE DE DIJON , DES SOCIÉTÉ»

d'histoire NATURELLE DE PARIS ET DE VERSAILLES, ET DE

LA SOCIÉTÉ E.MOMOLOGIQUE DE FRANCE.

TOME QUATRIÈME

PAR m. AUG. BRUXj£.É, I

PROFESSEUR DE ZOOLOGIE A LA FACULTÉ DES SCIENCES DE DUOS.

OUVR.VGE ACCOMPAGNÉ DE PLANCHES.

PARIS.

X.IBHAIIIIX: XN'CYCI.OPÉDIQITi: BE KORET^

RUE lIAUTEItLlLLi;, n" lO LIS.

KTovembre 1846

33^762

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Ort/fli RduQv-v

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AVERTISSEMENT

DU QUATRIÈME VOLUSSi:.

In lenui labor.

Ce volume aurait renfermer naturellement une revue de tous les travaux publiés depuis l'impression des trois volumes précédents , et même de tous ceux dont l'auteur, M. de Saint- Fargeau , n'avait pu tenir compte , vu son grand âge et la difficulté qu'il éprouvait à se déplacer. 11 est regrettable, en effet, de voir présentées dans cet ouvrage , d'une manière si incomplète , des familles aujourd'hui mieux étudiées, telles que , par exemple , celles des Hyménoptères ap- térogynes [Mutilla, Thymius, Mjzine et autres). Convaincu de la nécessité je me trouvais de combler ces lacunes, j'avais pris mes mesures pour me remettre, autant que possible, au ni- veau de la science ; mais n'ayant pas réussi , comme je l'espérais, à passer quelques mois à Paris, j'ai renoncer à ce plan , et voici celui que j'ai adopté.

Ne pouvant revenir sur les familles qu'avait traitées M. de Saint-Fargeau , j'ai me consa-

VI AVERTISSEWE.NT.

crer exclusivement à l'étude de celles que ce sa- vant n'avait pas encore abordées. D'un autre côté , cherchant à donner, autant que possible, de l'utilité et par suite de la valeur au volume dont je m'étais chargé à la prière de M. de Saint-Far- geau , mon premier maître en Entomologie , j'ai cru devoir en faire , en quelque sorte , le manuel obligé de tous ceux qui s'occuperont désormais du même sujet. Pourcela, je n'avais pas à choisir. L'étude des espèces et des genres indigènes avait été entreprise avec succès déjà , par M. Graven- horst , pour les Ichneumonides ; par I\IM. Nées d'Esenbeck, Wesmaël et Haliday , pour les Braco- nides; par MM. Walker, Westwood et Haliday, pour les Chalcidites et les Proctotrupides ; par MM. Dahlbom etHartig, pour les Cynipides ; et par MM. de Saint-Fargeau, Klug et Hartig, pour les Tenthrédines.

Les choses étant ainsi , que restait-il à faire ? Réunir en un seul corps d'ouvrage tous les tra- vaux des auteurs mentionnés , donner la liste complète des genres proposés par eux ; tel est le plan que je me suis d'abord tracé. Mais , de cette manière , l'ouvrage n'eût rien renfermé de neuf, et je me trouvais en présence de deux grandes familles d'insectes, les Ichneumonides et les Braconides , dont les espèces extra-européennes s'accumulaient depuis longtemps dans les collec- tions, sans que personne, pour ainsi dire, eût encore entrepris de les faire connaître. On ne

AVERTISSEMENT. VII

possédait à cet égard que les ouvrages de Fabri- cius, anciens déjà, puisqu'ils comptent bientôt un demi-siécle, et quelques travaux isolés. J'ai donc cherché à doter l'Entomologie d'un com- mencement de Species, pour les deux familles en question, et je me suis trouvé conduit à décrire un très-grand nombre d'espèces nouvelles, dont la plus grande partie est renfermée dans les col- lections du Muséum d'histoire naturelle de Paris. M. Milne-Edwards et son aide M. Blanchard ont bien voulu mettre à ma disposition les insectes de ce riche établissement , et si je n'ai pu suivre le conseil qu'ils m'avaient donné , de faire de ce volume un résumé complet de la science des Hy- ménoptères, j'ai cherché à réparer cette omis- sion regrettable en faisant connaître , comme ces deux savants m'y avaient aussi engagé, le plus grand nombre possible d'espèces exotiques. On verra que cela m'a conduit très-loin.

Je ne puis terminer cet avertissement sans re- mercier aussi M. Serville, qui n'a pas craint de me laisser pendant deux ans entiers sa collection d'Ichneumonides et de Braconides. Je n'ai pas cru devoir m'adresser à d'autres savants , ni exa- miner d'autres collections que celles du Muséum et de M. Serville, parce que les limites de ce volume eussent bientôt été dépassées. Quant aux autres familles qu'il renferme, celle des Chrysides m'a fourni un assez grand nombre d'espèces nouvelles, et celle des Évanides un fort

VIII AVERTISSEMENT.

petit nombre; les autres n'ont été traitées qu'au point de vue d'un Gênera, et si l'on en excepte les Urocérides et les Tenthrédines, j'ai à peu près été forcé, faute de collections suffisantes, de m'en rapporter aux travaux des auteurs. Puissé-je n'avoir pas travaillé en vain ! J'en appelle à la difficulté du sujet, dans le cas l'on méjugerait trop sévèrement.

Novembre 18iG.

Al G. BRU L

HISTOIRE NATURELLE

DES

INSECTES HYMÉNOPTÈRES.

LES GHRYSIBES.

Celte famille se compose de jolis insectes, moins remarquables par leur grosseur que par l'éclat de leurs couleurs, qui sont métalliques ou du moins d'un vert ou d'un bleu brillant. Le caraclère le plus saillant des Clirysides , c'est d'avoir l'abdomen composé en apparence de (rois segments, ce qui est le cas le plus ordinaire. Dans un des groupes de celle famille ( Parnopes) , le mâle seul a quatre seg- ments à son abdomen; dans un autre {Cleptes) , la femelle a quatre segments, le mâle en a cinq. Ces segments sont d'autant plus développés qu'ils sont peu nombreux , surtout le deuxième ; le troisième, ou celui qui est ordinairement le dernier, est très-souvent dé- coupé, en arrière, en plusieurs dentelures {Chiysis^ Pjria , Stilbum); dans certains groupes, au contraire {Ifcrlychrum),\(i bord de ce segment est toujours entier, et dans d'autres [Elampus) il présente au milieu une petite écbancrure. On remarque en outre, sur le troi- sième segment , un bourrelet quelquefois très-saillant {Sii^.bum)^ et suivi d'une rangée de très-gros points, ce qui aura induit en erreur de Géer, lorsqu'il dit que l'abdomen des C/i/>iz\î est composé de qualre anneaux (Méra. sur les insectes, II, 833).

HYMÉNOPTÈRES, TOME IV. i

2 HISTOIRE NATURELLE

Le nombre réel des segments de l'abdomen ne se borne pas cependant à celui que l'apparence extérieure fait reconnaître. En ouvrant le corps des Chrysides, ou même en examinant le boutdu ventre de ces insectes, on voit que les autres segments sont rudimentaires et forment par leur réunion une sorte de tuyau articulé qui ressemble un peu, ainsi qu'on Ta dit, au tube d'une lunette. C'est au bout de cette espèce de tuyau que sont situés les organes génitaux des mâles et la tarière des femelles. Cette tarière a été regardée pen- dant longtemps comme un aiguillon et comme lotit à fait étrangère à !a ponte : telle était en particulier l'opi- nion de M. de Saint Fargeau; maisM.Weslwood(/««r. to modem clai>.sij. II, 175) assure que cet organe n'est pas en rapport avec des glandes à venin , comme l'ai- guillon des Hyménoptères fouisseurs , raellifères et autres, bien qu'il puisse produire des piqûres. La ta- rière de certains parasites, tels que les Ichneumonides et autres . produit aussi des piqûres , mais ces piqûres ne causent que peu de douleur, parce que celte tarière n'a pas non plus à sa base de glandes à venin.

Eu admettant , pour un moment , que la présence ou l'absence des glandes à venin soit un caractère dislinctif de l'aiguillon et de la tarière , on peut dire qu'il n'y en a point d'autre etque la forme seule, et non pas le nombre des parties , diffère dans la tarière et dans l'aiguillon. Il résulte , en effet, des recbercbes de M. Weslwood [loc. cit.) à ce sujet, que l'aiguillon est formé essentiellement de cinq parties, de même que la tarière. Cette analogie de structure conduit évidemment à admettre une ana- logie de fonctions ; et comme la tarière de certains Hy- ménoptères est évidemment l'organe de la ponte, pour- quoi n'en serait-il pas de même de l'aiguillon des autres

DES hyméxoptères. 3

Hyménoptères ? A celte déduction , déjà fort légitime, M. Westwood ajoute {loc. cit. p. 182) que le docteur Bevan, dans son histoire de l'Abeille domestique, affirme positivement queles œufs passent par l'aiguilloD.Oo voit ce qui découle nécessairement des faits qui précèdent, c'est que la divisio n des Hyménoptères en espèces à ai- guillon et en espèces à tarière porte sur la forme seule et non pas sur la nature des parties-, mais aussi la dis- tinction physiologique établie par M. de Saint-Fargeau entre ce qu'il appelle les Ovitiihers et les Oviscapters s'évanouit , puisque ce savant croyait que les premiers pondaient leurs œufs par une ouverture spéciale et que les derniers les émettaient par la tarière. La forme de l'organe varie, mais il conserve ses usages.

La tarière ou , si Ton veut , l'aiguillon des Chrysides se compose donc des mêmes parties que l'aiguillon des Hyménoptères fouisseurs et que la tarière des Ichneumonides. On y reconnaît deux fourreaux ou valves, divisés eu deux pièces placées l'une à la suite de l'autre; une pièce moyenne ou organe de ponte, et enfin deux stylets pointus, que M. Westwood appelle Spicules ( loc. cit. p. 79 ) et qui sont renfermés dans une rainure de la pièce moyenne. L'absence des glandes à venin empêche que les Chrysides ne se rap- portent aux Hyménoptères fouisseurs , et la disposi- tion remarquable des derniers segments de leur abdo- men les éloigne à la fois et des insectes à aiguillon et des espèces à tarière proprement dite : il en résulte que les Chrysides sont un groupe intermédiaire entre les deux autres, ce que semblent confirmer jusqu'à un certain point leurs habitudes.

Les différentes parties du corps des Chrysides sont disposées de telle manière, que l'insecte peut se replier

4 HISTOIRE ^ATURELLE

sur lui-même en cas de danger, et alors il ressemble plus ou moins à une boule. L'abdomen est creux eu dessous et s'applique contre la poitrine, les pattes se logent sous une saiilie que forme en avant et en arrière le thorax, les antennes se replient dans une cavité de la face , les ailes seules restent en dehors et se placent l'une sur l'autre. On retrouve quelque chose de semblable, sauf la disposition de l'abdomen , dans la plupart des genres delà famille des Evanidcs ; mais ici les côtes du thorax laissent voir des sillons qui servent à recevoir et à loger les pattes.

Les antennes desChrysides sont coudées, assez courtes etcomposées de treize articles dont le premierest long. Elles sont généralement filiformes ou même un peu plus grosses au de!à du milieu , dans les femelles sur- tout. Elles s'élargissent d'une manière remarquable dans un groupe récemment découvert au Chili (Pleu- roccra). Les pattes n'offrent rien de particulier, si ce n'est que dans les Pamopes, les tarses sont un peu épineux , de manière à rappeler les pattes des Hymé- noptères fouisseurs. Les ailes se font remarquer par l'état rudimentaire de leurs nervures, dont quelques- unes sont seulement indiquées; on y distingue cepen- dant une cellule radiale et deux discoïdales. Enfln , la bouche est quelquefois avancée en forme de bec , à la manière des Apiaires , c'est-à-dire que les mâ- choires et la lèvre inférieure sont allongées et que les palpes eux-mêmes, suivant Lalreille, sont rudimen- taires {Parnopes).

f^es habitudes desChrysides, avons-nousdit, semblent participer de la nature mixte qu'olTre la structure de certaines parties du corps de ces insectes. Les femelles, en effet, semblables à celles de certains Hyménoptères

DES HYMÉNOPTÈRES. O

parasites, pondent leurs œufs dans le nid d'autres Hy- ménoptères ; mais les petites larges qui sortiront de ces œufs auront pour nourriture le corps môme des larves pour qui le nid avait élé construit. Dans toutes les familles d'Hyménoptères déjà décrites, les parasites se contentent de vivre au compte de l'insecte qui les loge, en s'emparant avant lui des provisions qui lui étaient destinées. Dans les familles de parasites que nous décrirons après celle-ci , Ichneumonides et autres, les larves parasites prennent naissance dans le corps lui- même des autres insectes encore à l'état de larve et y trouvent leur nourriture. Les Chrysides sont, comme on le voit, dans un cas ditTérent de Tune et de l'autre sorte de parasites, mais elles sont elles-mêmes devrais parasites, car elles se développent dans des nids qui n'ont pas été construits pour elles.

C'est pendant l'absence des constructeurs du nid que la femelle Chryside vient y pondre ses propres œufs. 11 en résulte que la larve de Chryside se nour- rira, soit au moyen des provisions qui ne lui étaient pas destinées, soit même , comme on a quelque raison de le supposer, en dévorant l'habitant légitime du nid qu'elle a usurpé, quoique elle fût alors bien innocente de son usurpation. Ainsi, pendant que l'inseclc fouis- seur, et nous disons fouisseur dans le sens le plus étendu, pendant que l'insecte fouisseur est à la re- cherche des provisions qu'il destine à ses petits, un intrus s'y installe avant même que de naître, et l'insecte pourvoyeursetrouveavoirlravaillé pour un autre moins industrieux que lui. Sic uos non vobis.

Il paraît cependant que, parmi les insectes, les êtres parasites et en quelque sorte improductifs sont reconnus et repoussés de ceux qu'ils exploitent. La-

6 nisTOTHE naturelle

treille a souvent remarqué « le C hrysîs aurata femeWe gueltantavec patience l'inslant le Philanthus apiwo- rus sortira de son trou, afin de s'y introduire et d'y dé- poser ses œufs , détruisant ainsi, au profit de sa propre race, les espérances de ce dernier. Le Phiianthe, ajoute Latreille, s'apercevait souvent du dessein duChijsis et venait lui donner la chasse.» [Hist. des Fourmis, p. 320.) Parfois aussi la Chryside emploie la force à défaut de la ruse. Ainsi, M. Walkenaer a souvent vu le Chrysis aurata pénétrer dans les trous du Cerceris ornata lors- que ce dernier s'y trouvait. «La Chryside commençait, ditM Walkenaer, par jeterdu sable dans ce trou, pro- bablement pour étourdir son ennemi; elle entrait en- suite dans le trou et y restait quelque temps avant d'en sortir. » [Mém. sur les fJalictes , p. 42.) C'est là, comme on le voit, un envahissement pour ainsi dire à main armée, ou plutôt ce doit être un combat corps à corps, mais on ignore , comme le fait remarquer M. Walkenaer, ce qui doit se passer dans ce (rou.

M. de Sainl-Fargeau a été le témoin des combats de VHedychrum regium avec TAbeille maçonne {Mega- cliile ou Chalicodoma muraria). « J'ai observé, dil-il, une femelle de cet Hédychre qui, après être entrée la tête la première dans une cellule presque achevée de celte Osmie, en était ressortie et commençait à y in- troduire la partie postérieure de son corps en marchant en arriére, dans l'intention d'y déposer un œuf, lors- que l'Abeille arriva, portant une provision de pollen et de miel ; elle se jeta aussitôt sur I Hédychre et il me parut en ce moment que ses ailes produisaient un bruis- sement qui n'est point ordinaire. Elle saisit son enne- mie avec ses mandibules; celle-ci, selon Ihabitudedes Chrysides , se contracta aussitôt en boule, et si parfai-

DIS HYMÈNOriÈRES. 7

temeDt que les ailes seules dépassaient. L'Abeille ne pouvant la blesser, ses mandibules n'ayant aucune prise sur un corps aussi lisse^ lui coupa les quatre ailes au ras da corselet et la laissa tomber à terre. Elle visita en- suite sa cellule avec une sorte d'inquiétude, puis, après avoir déposé sa cbarge , elle retourna aux champs. Alors IHédychre, qui était resté quelque temps contracté , remonta le long du mur, directement au nid d'où il avait été précipité, et revint tranquille- ment pondre son œuf dans la cellule de l'Abeille. I! place cet œuf ,^ ajoute M. de Saint Fargeau, au-dessous du niveau de la pâtée, contre les parois de la cellule, ce qui empêche l'Abeille de l'apercevoir. » [Encycl. méth. X, 8.)

M. Waikeuaer, en parlant des ennemis des Halictes, mentionne comme un des plus faibles VHedychrum luciduhim. « Cette Chryslde, dit-il, se couche le plus souvent à côté du trou des Halictes, derrière le rem- part qui l'entoure et qui est formé par les parcelles de terre qu'ils ont retirées du trou. J'ai vu, ajoute ce savant, quelques unes de ces Chrysides se glisser avec adresse et promptitude dans le trou , mais je ne les ai pointvuessortir.il arrive encore plus fréquemment que ces Chrysides sont aperçues par un de nos Halictes, dans la cachette elles se tapissent; alors celui-ci plane au dessus de l'ennemi commun, ce qui amène un second Halicte, puis bientôt un troisième et enfin un plus grand nombre ; tous alors planent au-dessus de laChryside, qu'ils semblent redouter d'attaquer et qui se lient immobile; enfin, lorsque les Halictes se trouvent sulTisamment rassurés par leur graud nomhre, un d'entre eux fond sur la Cliryside , qui s'enfuit et que la troupe poursuit alors avec une sorte de fureur. » {Mèni. sur les Halictes, p. 33.)

8 HISTOIRE NATURELLE

Les Chrysides pondent dans les nids de différents Hyménoptères fouisseurs, mais comme parmi ces Hy- ménoplères il en est qui n'approvisionnent pas leur nid de chair fraîche^ c'est-à-dire d'insectes et que les larves des Chrysides paraissent se nourrir d'insectes , il en résulte que c'est la larve même pour laquelle a été construit le nid qui sert de nourriture aux larves de Chrysides. M. de Saint-Fargeau dit en effet, en parlant des Euchrœus , « que les mœurs de ces insectes sont les mêmes que celles de la plupart des autres Chrysides, Leurs larves, ajoule-t-il , vivent aux dépens de celles de divers Hyménoptères. La femelle, au moyen de sa tarière, dépose un œuf dans la cellule commencée, à laquelle la propriétaire doit aussi con- fier le sien. Celui de la Chryside n'éclôt que lorsque la larve , habitante légitime de la cellule elles sont toutes deux renfermées, a déjà pris la plus grande par- tie de son accroissement ; elle se pose sur le dos de de celle-ci, l'attaque et la suce, mais d'une manière qui ne lui fait pas perdre promptement la vie; ce n'est que lorsqu'el!e-meme a pris dans un court espace de temps presque toute sa croissance qu'elle achève de détruire sa victime. Les larves des Chrysides, dit entîn M. de Saint-Fargeau , ne se forment point de coque pour subir leur métamorphose. Elles restent longtemps à l'état de nymphe. L'insecte parfait ne paraît ordinai- rement que l'année suivante. » [Encycl. métJi. X, 9.)

On croit que certaines espèces de Chrysides déposent leurs œufs sur des larves mêmes. M. de Saint-Fargeau a vu « une femelle de Clcptes semi-aurata entrer suc- cessivement à reculons dans les trous qu'avaient formés, en s'enfonçant en terre , un grand nombre de larves d'une Tenlhrédine , qui avaient vécu sur un même

DES UYMÉNOPTÈRES. 9

groseillier. )){EncjcL X, 9.) Et il dit ailleurs : « J'ai vu le Cleptcs intidula allonger beaucoup son tuyau au- près d'une larve de Tenlhrède et le pousser vivement contre elle. Quoiqu'il lui eût fallu pour cela recourber son abdomen et diriger ce tuyau entre ses pattes en avant de la tête, lopêralion entière fut l'aflaire d'une seconde. »

Malgré tout ce qui précède, on ne possède pas encore l'histoire complète desChrysides ; on n'a pour ainsi dire que des faits épars et incomplets. M. Weslwood , par exemple, dit qu'il a trouvé constamment la plus grosse espèce d'Angleterre (sans doute le Chrjsisi'gnita), dans les mêmes endroits que VOdvnerus antilope , ou , comme il le dit , en société avec cet insecte. Il regarde par conséquent cette Chryside comme parasite de l'Ody- nère et il ajoute que celui-ci ne paraît pas d'ailleurs en prendre ombrage, effrayé peut-être , d'après l'opinion de Lalreille , par la richesse de sa cuirasse ( Westw., /oc. cit. p. 176). Le Clirjsis hidentata , suivant le même auteur, fréquente les endroits VEpipone spi- nipes creuse son nid , encore en société avec cet insecte, c'est-à-dire en même temps que lui et pour cause. Il fait remarquer avec raison que cesChrysides déposent leurs œufs dans le nid et non pas dans les larves mêmes des insectes au milieu desquelles on les trouve, puisque celles ci ne doivent naître que plus lard.

M. Rudder, dit encore M. Westwood, a obtenu de larvts une espèce de Chiysis (sans doute Vignita). Ces larves ont été trouvées dans des cellules remplies de Pucerons et creusées dans la moelle d'un arbrisseau. M. Westwood soupçonne que ces nids étaient ceux de quelque Pemphredon ou insecte d'un genre voisin. Il y avait bien , dit-il , soixante Pucerons dans chaque cel-

10 HTSTOTKC NATURELLE

Iule (loc. cit. p. 177). M. Waterhouse, de son côté, a trouvé au mois de décembre, dans un poteau vernDoulu et creusé de cavités , plusieurs individus de Chiysis ignita,et plus avant encore plusieurs cellules remplies de dépouilles de Pucerons, mais sans aucune larve ni aucune nymphe; en sorte qu'il est possible que les Chry- sides se soient développées dans ces cellules et sans au- cun doute aux dépens des larves pour qui avaient été recueillis les Pucerons (Weslw. loc. cit.). De Gèer dé- couvritaussi une espèce àeChrys\de{Chfysis bidentataj Lin.) dans une galle résineuse du pin , ce qui le portait à regarder cette Chryside comme parasite de la chenille que la galle avait renfermer. Cependant il ne trouva dans cette galle que les excréments de la chenille, mais nulle trace de la chenille elle-même , tandis qu'il y re- connut, dit-il, la coque vide d'où la Chryside était sortie (Mém. II, 837). Ici de Geer paraît sêtre trompé, si, comme le dit M. de Sainl-Fargeau , les nymphes de Chrysides n'ont point de coque i le cocon trouvé était alors celui d'un Lépidoptère. Enfin M. Weslwood rap- pelle deux communications faites à V Entonwlogical magazine^ dont l'une est relative à des individus de Chry^sis bidenlata et ncg'ecta qui sont sortis, ainsi que des Guêpes solitaires, de cellules situées en terre contre le tronc d'un arbre-, l'autre communication nous ap- prend que le Chiysis cyanea dépose ses œufs dans les cellules du Chelosloma florisomne : on ajoute que les larves de cette Chryside se nourrissent des larves du Chélostome et se transforment dans les nids préparés pour celles-ci. Celte dernière observation offre un in- térêt particulier, en ce qu'elle confirme les remarques de M. de Sainl-Fargeau au sujet de la nourriture des larves de Chrysides , qui se composerait donc de

DES ITYMÉNOrTF.RES. 11

larves vivantes. M. Weslwood rapporte enfin , d'après le même ouvrage, que VE/ampus bùientulus doit ôlre parasite du Pien caliginosus dont les cellules, creusées dans le chaume d'une toiture, renfermaiect çàetlàquel- ques Etampus mêlés parmi lesPic/z.

Les larves des Chrysides sont apodes comme celles du plus grand nombre des Hyménoplèros et parais- sent n'avoir été décrites que par M. Daliibom {Exercit. Hymeuopt. p. 21) On voit, parce qui précède, que c'est dans le nid des dilTérenls Hyménoptères qu'il faut les chercher. Quant aux insectes parfaits, on les trouve, soit en compagnie de ceux dont ils ont l'a- dresse d'emprunter le nid, soit isolément sur les murs, sur les troncs d'arbres et sur les fleurs mêmes ou sur les feuilles des végétaux, lis agitent continuellement leurs antennes, à la manière des Ichneuraonides et autres parasites, et telle est l'action de ces organes, que Ton est tenté de leur accorder des fonctions im- portantes, comme de reconnaître par le toucher les conditions du sol ou de tout autre objet sur lequel les Chrysides cherchent l'endroit propre à la ponte de leurs œufs. On peut en dire autant des Ichneumonides et autres parasites, dont les antennes vibrantes, ainsi qu'on les appelle, sont un des traits caractéristiques.

La famille des Chrysides n'est pas très nombreuse et se partage en quelques groupes ou genres, dont le principal, celui des Chiysis, renferme la plupart des espèces connues, surtout en Europe. Dans un autre groupe (Stilbum), une des espèces est tellement répan- due, qu'on la trouve pour ainsi dire dans toutes les par- lies de l'ancien continent. Les espèces américaines déjà connues sont assez nombreuses et se rapportent de préférence au genre des Chrysis,

12 HISTOIRE NATURELLE

Genre PARNOPES Latreille.

Les espèces de ce groupe sont les seules dont les mâles aient quatre segments visibles à l'abdomen , tandis que dans les femelles il n'y en a que trois. En outre , les niâclioires et la lèvre inférieure sont allongées et constituent une trompe semblable à celle des Abeilles et qui se replie en dessous. Les palpes maxillaires, suivant Latreille, sont très-petits et composés de deux articles seulement. Les mandibules sont longues , pointues et unidentées de chaque côté avant la pointe terminale.

Les antennes, composées de treize articles dans les deux sexes, sont courtes, enroulées et plus épaisses dans les fe- melles que dans les mâles. Elles grossissent un peu de la base à l'extrémité et s'amincissent cependant au bout. Leur premier article est gi-os et arqué , le deuxième court , et le ti'oisiènie , un peu plus court que le premier, est au moins aussi long que les deux suivants (4 et 5).

Les ailes ont une radiale incomplète ; les autres cellules ne sont qu'indiquées, savoir : l'origine d'une cubitale, deux discoïdales incomplètes et l'origine de la troisième.

Les tarses antérieurs sont ciliés dans les femelles. Leurs quatre premiers articles sont épineux dans les deux sexes, mais les épines sont plus fortes dans les femelles que dans les mâles. Dans les deux sexes aussi, le premier article des tarses antérieurs est échancré en dessous à la base, et l'éperon des jambes de devant forme une espèce de cuiller ; le premier article des autres tarses est un peu arqué. Les crochets des tarses sont grands , simples et la pelote paraît ne pas exister.

Parmi les cai*actères particuliers de ce groupe , il faut citer la grandeur des écailles alaires (paraptères) qui cachent une portion notable de la base des ailes et se relèvent pen- dant l'action du vol. Elles atteignent le bord postérieur de l'écusson.

DES HYMÉNOPTÈRES. 13

Le type de ce (jenre est figuré sous le n" 1 de la pi. 37. Une espèce nouvelle et remarquable est :

Le Pap.xopes vip.idis.

MetalUcoviridis, piuictala^ apice, scutello et metatho- racis basi subcyaiieis^ alis obscuris, tibiis tarsisque rufis^ scutello et nietathoracis basi rugosis. Mas.

Le corps est d'un vert métallique , le'gèrement bleuâtre sur l'écusson, la première région du métathorax, les paraptères et le dernier segment de l'abdomen. Le premier article des an- tennes est d'un vert métallique, ainsi que les suisses et une partie du côté extérieur des quatre jambes de devant. L'extrémité des cuisses, les jambes et les tarses sont roux et le bout des articles des tarses postérieurs est brun. Les antennes sont noires, ex- cepté leur premier article. Les segments du ventre sont bruns avec le bord plus pâle. La base des mandibules est rousse. Les ailes sont obscures, comme enfumées, avec les nervures prin- cipales noires.

Le vertex et le thorax sont parsemés de gros points peu rap- prochés, dont les intervalles sont très-finement ponctués. L'é- cusson et la première région du métathorax sont fortement ru- gueux ; ce dernier est avancé en arrière et trilobé. L'abdomen est parsemé de points rares ; les bords antérieur et postérieur de chaque segment sont couverts de points plus petits et très-nom- breux. Le dernier segment offre deux fortes impressions en arrière et son bord est crénelé et épineux. Les pattes sont ponctuées.

Longueur du corps : 0,012.

Hab. les Indes orientales, Pondichéry ; Leschenault. C. M.

Obis. M. Spinola décrit (Ann. Soc. Ent. VII, 455) une espèce, P. Fischeri, qui se rapproche du iriridis, mais qui paraît en dif- férei.- principalement par la couleur du ventre , qui est d'un vio- let métallique, par celle des ai'es qui sont presque entièrement transparentes , par le bord du dernier segment de l'abdomen qui est mutique et translucide. Elle se trouve en Egypte. Le même auteur décrit aussi, sous le nom de denticulala, une autre espèce propre, je crois, à l'Espagne, ce qui porte à quatre le nombre des espèces connues de Parnopes, en y comprenant le P. carnea qui se trouve en Europe.

14 HISTOIRE NATURELLE

Genre STILBUM Spinola.

Ce groupe se reconnaît particulièrement, d'après M. Spi- nola ( Ann. Soc. Ent. VII, 447) , à la forme du chaperon ouépistome, «qui est plus long que large, en rectangle avancé au delà de la base des mandibules. » Le dos du tliorax et celui de l'abdomen sont convexes, le post-écusson s'avance en forme de cuilleron , le dernier segment apparent de l'abdomen est muni d'un large bourrelet, et son bord postérieur est fortement denté. Il n'y a que trois segments à l'abdomen , tant dans les mâles que dans les femelles, et le segment moyen est beaucoup plus grand que les deux autres ; c'est lui qui donne à l'abdomen sa forme voûtée.

Les antennes sont composées de treize articles dans les deux sexes et un peu plus épaisses dans les femelles que dans les mâles. Leur premier article est long, le deuxième plus court que le troisième, et celui-ci plus long que chacun des suivants.

Les ailes de devant offrent une radiale ou marginale in- complète, qui s'étend presque jusqu'à l'extrémité ; une sous- marginale ou cubitale incomplète et aussi longue que la radiale; une première discoidale longue et lancéolée, et au- dessous deux autres discoidales , l'une ouverte en arrière et l'autre en dehors. Les nervures qui séparent ces différentes cellules sont toutes également indiquées. On remarque en outre, vers le milieu de l'espace sous-marginal, 1 indica- tion d'une nervure parallèle aux autres et quelquefois aussi d'une petite nervure perpendiculaire qui séparerait en deux cellules l'espace sous-marginal.

Les tarses ne sont point ciliés et sont armés d'épines courtes et grêles. Le premier article des tarses antérieurs est échancré à la base en dessous et frangé dans l'échancrure; l'éperon des jambes de devant est comprimé et forme une espèce de cuiller. Les crochets sont simples, comme dentés à la base, et la pelote est longue et étroite.

Les trois espèces de ce groupe qui nie sont connues ont

DES HYMÉNOPTÈRES. iS

la face creusée en une large fossette , striée en travers et au-dessus une autre fossette moins profonde , presque cir- culaire et à bords relevés , dans laquelle se trouve compris l'ocelle antérieur.

1. Le Stilbum splendidum Fab. (Chrysis.)

Punctatum , viride aut viridi-cyaneum , abdominis segniento iillimo 4-dentato cyaneo aut violaceo , scu~ tello dense punctalo. Mas. Feni.

C'est un joli insecte d'un vert métallique, avec le dernier seg- ment de l'abdomen d'un bleu brillant: souvent aussi il est d'un beau bleu plus ou moins violet, avec le dernier segment tout à fait violet; enfin il est parfois d'un vert plus ou moins nuancé de bleu et de violet. Les trois premiers articles des antennes sont d'un vert métallique, et les autres noirs; le côté interne du premier article est bleu dans les individus qui ont cette cou- leur. Les pattes sont bleues ou vertes, suivant la couleur du corps , avec les tarses plus généralement verts. Le ventre est d'un bleu plus ou moins violet, avec la base des anneaux d'un vert métallique. Les ailes sont plus ou moins obscures, avec un reflet quelquefois violacé et les principales neivures noires.

Le vertex, le prothorax et le inéiathorax sont grossièrement' ponctués. Les côtés du mésothorax et l'abdomen sont parsemés de points moins gros, mais plus écartés. Le dos du mésothorax offre des points moins gros encore; mais la partie postérieure du lobe moyen et les côtés des lobes latéraux du mésolhorax, ainsi que l'écusson et la première région du métalhorax , sont criblés de très-gros points qui se touchent. Le dernier segment de l'ab- domen est découpé en quatre dentelures, dont les deux moyennes sont plus rapprochées : ces dentelures sont à peu près égales dans les mâles , tandis que dans les femelles les deux moyennes dépassent les latérales; mais il arrive souvent que cette disposi- tion se trouve à la fois et dans les mâles et dans les femelles, sans que l'on puisse y rattacher d'autres caractères dislinctifs.

Longueur : 0,008-0,015,

Hab. le midi de l'Europe eten général toutes les parties chaudes de l'ancien continent.

Ohs. Les individus du midi de l'Europe sont généralement de

16 HISTOIRE NATURELLE

couleur verte, tandis que ceux des contrées plus chaudes sont plus ou moins nuancés de bleu et de violet et sont en même temps plus gros que les premiers.

2. Le Stilbum calens Fab. (Chrysis). PI. 37, fig. 2.

yirlde aut cyaneuni , abdomine plus minksve ciipreo , segmenta ultimo cyaneo , mesothoracis dorso dense punc- taio. Mas. Fem.

Cette espèce pourrait bien n'être qu'une variété de la précé- dente. Elle est bleue ou verte ou d'un vert doré avec les deux premiers segments verts et plus ou moins nuancés de rouge cuivreux; le dernier segment est toujours bleu. Le seul carac- tère que je lui reconnaisse , c'est d'avoir le dos du mésothorax entièrement couvert de points très-serrés, tandis que dans le splendidum les points de cette région sont clair-semés ; quant à la ponctuation si prononcée de la partie postérieure du lobe moyen et des côtés des lobes latéraux , elle est la même dans les deux espèces. Je dois dire, toutefois, que l'on rencontre des indi- vidus dans lesquels la ponctuation du mésothorax est rare eV la coloration cuivreuse de l'abdomen très-peu prononcée ou même nulle. On peut donc, ce me semble, ne regarder le S. calens que comme une variété du splendidum.

Longueur : 0,008-0,015.

Hab. le midi de l'Europe et probablement aussi les autres par- ties de l'ancien continent. La collection du Muséum renferme un individu qui a été pris en Perse et un autre en Barbarie.

3. Le Stilbum viride Guêr. (Revue Zool. 1842, pag, 144.)

J^iride aut viridi-cyaneum ^ abdominis segmenta ul- timo i'iridi-aureo , k-dentato , dense punctatum , meso- thorace lineis elet-'atis. Mas.

Il est vert ou d'un vert nuancé de bleu, avec le dernier seg- ment de l'abdomen d'un vert doré. Ses ailes sont enfumées , ses pattes et ses antennes colorées comme dans les espèces précé- dentes.

Cette espèce se distingue surtout par sa ponctuation qui est très serrée sur tout le thorax , plus serrée sur l'abdomen que dans les espèces précédentes et moins sensiblement inégale entre

DES HYMÉNOPTÈRES. 17

les diftereutes régions du thorax, dont les postérieures et les laté- rales sont cependant plus fortement ponctuées. On dislingue en outre, sur les trois lobes du mésothorax, une ligne élevée qui s'é- tend sur les deux tiers postérieurs et, en avant du lobe moyen, deux autres lignes plus courtes.

Longueur : 0,015.

Hab. l'île de Madagascar; Bernier, Goiidot. C. M.

Genre EUCHR^US Latreille.

Ce groupe se rapproche beaucoup des Stilbum , auxquels Latreille , qui l'en avait séparé , le rapporte enfin dans son dernier ouvrage (Règne animal, e'd. 2). lia, comme les Stilbum , le chaperon avancé au delà des antennes et cachant une partie des mandibules ; mais , tandis que le chaperon des SUlbum est étroit , ainsi que la face et , en général , toute la portion de la tète comprise entre les yeux ; tandis que la tète tout entière est étroite , ce qui est un des attributs par- ticuliers des Slilbiim , les Euclirœus ont la tète large comme les Chiysis et tous les autres groupes de cette famille.

Les Euchrœus se distinguent donc des Stilbum par leur tète large ; d'un autre côté , ils se distinguent des Clirysis par la saillie de leur chaperon au delà de la base des man- dibules. Quant aux caractères tirés des antennes, des pattes et des ailes , ils sont plutôt ceux des Stilbum que ceux des Chrysis , bien que ces deux groupes soient très-voisins. L'abdomen des £uchrceus n'est pas terminé, comme celui des Stilbum et de la plupart des Chrysis^ par un petit nombre de dents saillantes ; il est armé sur toute l'étendue de son bord postérieur d'une série do petites dentelures dont la figure n'est pas la même dans les mâles que dans les femelles.

La forme générale du corps est plutôt celle des Chrysis que des Stilbum'. Les Eucluceus paraissent former un groupe intermédiaire, que l'on ne peut réunir avec raison ni à l'un ni à l'autre des deux genres cités. Quant aux Pyria., la longueur relative des articles de leurs antennes les dis-

HYMÉNOPTÈRES , TOME IV. 2

18 HISTOIRE NATURELLE

lingue aussi bien des Euchrœus que des Stilbuni et même

des Clirysis.

On ne connaît jusqu'à présent qu'une seule espèce à' Eu- chrœus ^ dont les deux sexes ont été considérés d'abord comme appartenant à des espèces différentes. La femelle est figurée sous le 3 de la PI. 37. Le mâle portait le nom de festli^us^ tandis que la femelle avait celui de purpuratus.

Genre PYRIA Lep. et Sen^. (EncycL)

Dans les Pyria et les Chrysis , dit M. Spinola ( Ann. de Ja Soc. ent. YII, 447), l'épistome est plus large que long, tronqué très -près de la base des mandibules et quelquefois même un peu écbancré. On distinguera ensuite les Pyria des Chrysis par les deuxième et troisième articles des an- tennes égaux en longueur et par le quatrième , beaucoup plus long que le troisième et le plus long de tous , si l'on en excepte le premier. Dans les Chrysis et dans la plupart des autres groupes , le troisième article est toujours plus long que le deuxième et souvent il est le plus long de tous.

Quant au dessin des ailes de devant , dit encore M. Spi- nola, il est essentiellement le même dans les trois genres Stilbum^ Pyria et Chrysis, que l'on pourrait confondre. Dans les Stilbuni et dans les grandes espèces de Pyria et de Chrysis, toutes les nervures sont prononcées et appa- rentes j dans les petites espèces de ce dernier genre , plu- sieurs d'entre elles s'effacent à une certaine distance de l'ex- trémité : c'est parmi les Pyria qu'on observe le mieux ces différents passages.

Ces détails suffisent pour faire reconnaître le geni'e Pyria, qui se caractérise surtout par ses antennes.

Les antennes se composent de treize articles dans les deux sexes et sont plus grosses dans les femelles que dans les mâles. Dans les deux sexes , le premier article est le plus long de tous et un peu plus gros à la base qu'à l'extrémité.

Les nervures des ailes de devant sont disposées comme

ULS HYMENOPTERES. 19

dans les Stilbuui , si ce n'est que l'espace sous-marginal est dépourvu de nervure accessoire.

Les pattes sont conformées comme dans les Sdlbum , mais les crochets des tarses sont simples, à peine dentés à la base , et la pelote paraît très-petite.

Les impressions de la tète et la forme du métatliorax va- rient suivant les espèces. L'abdomen n'a que trois segments apparents, tant dans les mâles que dans les femelles, et le troisième segment est surmonté d'un bourrelet comme dans les Stilhuni , mais ce bourrelet n'est pas toujours aussi pro- noncé.

1. Le PvRiA ocuLATA Fub. (Chrysis.)

Viridis , abdomine viridi cyaneo , crebre punctata , abdoniiiiis segmenta 2" macula utrinque posticâ cupred , segmenta 3" sex-dentato. Fem,

Il est d'un vert brillant nuancé de bleu , avec une belle tache ronde de couleur de cuivre et entourée d'un bord vert doré , si- tuée, de chaque côté, à l'angle postérieur du deuxième segment de l'abdomen. Les deux premiers articles des antennes sont verts et les autres noirs; les pattei; sont vertes avec les tarses noirs. Les ailes sont obscures et leurs nervures brunes ou noires.

Tout le corps est criblé de gros points qui se louchent sur la tète et le thorax et sont un peu écartés et moins gros sur l'abdo- men. La face est creusée en large fossette ponctuée; une autre fossette presque carrée et moins profonde se remarque entre les yeux et comprend l'ocelle antérieur. La première région du mé- tathorax, qui manque à l'individu que je décris, est simplement renflée et légèrement échancrée, suivant M. de Romand (Ann. Soc. ent. VII, 477). Le ti'oisième segment de l'abdomen est armé de six dents saillantes.

Longueur : 0,013.

Ilab. les Indes orientales. C. M.

2. Le Pyria smaragdula Lep. et Seri^. (Encyc. X, 494.)

Syn. P-yria nobilis Klug, Symbol, pliys. Siilboides Spin. Ann. Soc. enc. YII , 446. Stilbuni 6-dentaiiim Guér. Revue zool. 1842, pag. 145.

20 HISTOIRE NATURELLE

Cyaneo-^iridis^ crebre punctata ^ thorace postice jjto^ ducto canaliculalo ^ segmenta 3" sex-dentato. Mas, Fem.

Il est d'un bleu nuancé de vert, avec le premier et une partie du deuxième article des antennes verts, ainsi que les pattes; le reste des antennes et les tarses sont noirs, Les ailes sont obscures avec les nervures noires.